« L’art, c’est ce qui rend la vie
plus intéressante que l’art. » Fluxus
« L’art, c’est ce qui rend la vie
plus intéressante que l’art. » Fluxus
poétique
poétique
Dans le sillage de ma mère organiste et de mon père facteur d’orgues, l’ambiance des églises a été le terrain de jeu dans lequel j’ai grandi. La tribune d’un orgue est pour moi un théâtre inversé : le public regarde un chœur vide, tandis que la musique – ce qui se joue – arrive dans son dos et l’enveloppe. Percevoir sans les yeux. Entendre par la membrane de la peau. Ces expériences de réception m’ont façonnée.
De cette expérience fondatrice, j’ai construit la certitude que l’espace n’est pas un décor, mais un interlocuteur. Il vibre, répond, amplifie les sons et ce que les corps produisent. Mon travail est nourri de cette relation à l’espace environnant comme partenaire de jeu.
Je suis une personne synesthète. Les sons engendrent chez moi des sensations tactiles, les mouvements génèrent des sons, les espaces ont des textures… Cette neurodivergence n’est ni un choix ni un ornement, c’est le moteur de mon travail. Je m’attache à dissoudre les frontières entre mise en scène, chorégraphie, composition musicale et arts plastiques, non par goût du mélange, mais parce que ma perception du réel n’a pas de discipline, elle convoque tous les sens.
Dans un paysage de montagne ou une abbaye médiévale, une salle communale de territoire ou un opéra national, ma recherche se concentre dans une même direction : révéler que le réel est un lieu dense, peuplé, à la fois tragique et merveilleux. Que nous avons, chacune et chacun, un corps pour le percevoir. Que ce corps est l’interface absolue de la relation au Monde et de l’altérité.
Dans le sillage de ma mère organiste et de mon père facteur d’orgues, l’ambiance des églises a été le terrain de jeu dans lequel j’ai grandi. La tribune d’un orgue est pour moi un théâtre inversé : le public regarde un chœur vide, tandis que la musique – ce qui se joue – arrive dans son dos et l’enveloppe. Percevoir sans les yeux. Entendre par la membrane de la peau. Ces expériences de réception m’ont façonnée.
De cette expérience fondatrice, j’ai construit la certitude que l’espace n’est pas un décor, mais un interlocuteur. Il vibre, répond, amplifie les sons et ce que les corps produisent. Mon travail est nourri de cette relation à l’espace environnant comme partenaire de jeu.
Je suis une personne synesthète. Les sons engendrent chez moi des sensations tactiles, les mouvements génèrent des sons, les espaces ont des textures… Cette neurodivergence n’est ni un choix ni un ornement, c’est le moteur de mon travail. Je m’attache à dissoudre les frontières entre mise en scène, chorégraphie, composition musicale et arts plastiques, non par goût du mélange, mais parce que ma perception du réel n’a pas de discipline, elle convoque tous les sens.
Dans un paysage de montagne ou une abbaye médiévale, une salle communale de territoire ou un opéra national, ma recherche se concentre dans une même direction : révéler que le réel est un lieu dense, peuplé, à la fois tragique et merveilleux. Que nous avons, chacune et chacun, un corps pour le percevoir. Que ce corps est l’interface absolue de la relation au Monde et de l’altérité.
Mon travail repose sur trois convictions :
- L’espace comme commun
Chaque lieu – naturel, patrimonial, dédié – est un partenaire de jeu.
Ne pas occuper mais habiter les lieux rencontrés. - Le corps comme interface
Explorer les sens et les sensations pour affiner nos perceptions du réel.
Créer en faisant corps avec l’invisible. - L’émancipation comme horizon
Activer chez chacun.e le plaisir d’être au Monde dans toute sa complexité.
Fabriquer un art au sujet de, avec et pour des puissances fragiles.
Mon travail repose sur trois convictions :
- L’espace comme commun
Chaque lieu – naturel, patrimonial, dédié – est un partenaire de jeu.
Ne pas occuper mais habiter les lieux rencontrés. - Le corps comme interface
Explorer les sens et les sensations pour affiner nos perceptions du réel.
Créer en faisant corps avec l’invisible. - L’émancipation comme horizon
Activer chez chacun.e le plaisir d’être au Monde dans toute sa complexité.
Fabriquer un art au sujet de, avec et pour des puissances fragiles.
Mon esthétique est contemplative, en tension entre minimalisme et foisonnement.
Ma démarche est plastique et performative. J’articule de façon inframince le réel à la représentation.
Pour transformer à même nos chairs la perception de ce que nous avons en commun.
Et ainsi jubiler, individuellement mais ensemble, en nous sentant vivants.
Mon esthétique est contemplative, en tension entre minimalisme et foisonnement.
Ma démarche est plastique et performative. J’articule de façon inframince le réel à la représentation.
Pour transformer à même nos chairs la perception de ce que nous avons en commun.
Et ainsi jubiler, individuellement mais ensemble, en nous sentant vivants.
parcours
parcours
Le corps & la scène
(2004–2012)
Après une formation plurielle en conservatoire – violon, chant lyrique, danse classique et contemporaine – Emma est admise au Jeune Ballet du CNSMD de Lyon. Elle mène une carrière d’interprète pour des chorégraphes issus du NDT (Kirsten Debrock), du Ballet Preljocaj (Samir El Yamni) ou de la performance sur scène ou en espace public (Jennifer Lacey/Nadia Lauro, Aude Le Bihan/Cyrielle Bloy, Willi Dorner). Poussée par son désir de comprendre les processus de création dans leur complexité, elle obtient en 2012 un Master 2 en Mise en Scène et Scénographie à l’Université de Bordeaux. Son mémoire porte sur la pratique performative du théâtre-rituel. Sa première direction artistique, Nymphal, croise la musique opératique de Rameau, les études de genre et une dramaturgie sonore déployée dans l’intégralité d’une église désacralisée. Sa collaboration avec l’artiste sonore Julien Clauss débute ici.

L’espace & la matière
(2009–2018)
Avec le soutien du chorégraphe Leonardo Montecchia, Emma importe et organise les Hors-Lits – parcours d’actes artistiques pour appartements – à Marseille. Aux côtés de Julien Clauss, elle réalise le design et la scénographie des installations monumentales Isotropie de l’Ellipse Tore et Salle de brouillage (Seconde Nature, Biennale Nemo, Les Eglises Chelles, Mois Multi Québec), et porte Modulation, bivouac radiophonique de 24 heures réunissant annuellement jusqu’à 300 personnes en montagne. Avec le soutien du CNC-Dicréam, ils conçoivent un pavillon géant transportable dans le paysage, dispositif de concert ou d’installation jouant avec l’écho des falaises (Sonic Protest, LabGamerz). Avec Cécile Beau, elle co-signe la série de sculptures alchimiques Réversion (Atonal Berlin, Biennale Internationale de Melle, Voyage à Nantes). Prolongeant son intérêt pour les formes collectives in-situ, elle met en oeuvre le marathon littéraire, culinaire et radiophonique On entend lire jusqu’au bout…

La voix & le son
(2014–2025)
Au sein du duo de musique électronique improvisée qu’elle forme désormais avec Julien Clauss, Emma pratique la poésie sonore climatique, le readymade textuel et le synthétiseur granulaire (Palais de Tokyo, Festival Météo, Abbaye de Maubuisson). En 2022, elle signe la mise en scène de l’opéra A Flauta Incantata, adaptation en langue corse de La Flûte Enchantée de Mozart. Créé à ciel ouvert dans le cloître d’un couvent désacralisé puis réadapté en théâtre, le spectacle est diffusé pendant un an sur France Télévisions. En 2024, elle est lauréate de la résidence Murmures de l’Abbaye de Fontevraud pour l’installation sonore Octoéchos librement inspirée des Vêpres de Monteverdi. Elle débute en parallèle la production d’un opéra de chambre immersif à partir de L’Enfant et les Sortilèges de Ravel & Colette, coproduit par l’Opéra de Clermont-Ferrand et le GRAME-CNCM.

L’in-situ & CYCLIQ
(2023-présent)
Installée en Isère, elle ancre CYCLIQ comme structure d’expérimentation au sein du territoire du Trièves, mêlant création contemporaine et exploration des liens entre art, patrimoine, participation citoyenne, droits culturels et ruralité. Elle crée la pièce de théâtre chorégraphique Clôture de l’Amour de Pascal Rambert avec une équipe triévoise réunissant amateurs et professionnels. Le spectacle, joué à guichet fermé dans les salles communales du Trièves et encore plébiscité, témoigne de sa capacité à inscrire des œuvres exigeantes au cœur de contextes non conventionnels, tout en favorisant la rencontre entre publics et pratiques artistiques. En 2025 et 2026, elle est lauréate du Laboratoire Chorégraphique de la Fondation Royaumont ainsi que du programme Cultivons l’art en milieu rural de la Fondation de France jusqu’en 2028 pour son projet Je regarde par la fenêtre et c’est loin, soutenu par le CNCM VOCE de Corse.

Le corps & la scène
(2004–2012)
Après une formation plurielle en conservatoire – violon, chant lyrique, danse classique et contemporaine – Emma est admise au Jeune Ballet du CNSMD de Lyon. Elle mène une carrière d’interprète pour des chorégraphes issus du NDT (Kirsten Debrock), du Ballet Preljocaj (Samir El Yamni) ou de la performance sur scène ou en espace public (Jennifer Lacey/Nadia Lauro, Aude Le Bihan/Cyrielle Bloy, Willi Dorner). Poussée par son désir de comprendre les processus de création dans leur complexité, elle obtient en 2012 un Master 2 en Mise en Scène et Scénographie à l’Université de Bordeaux. Son mémoire porte sur la pratique performative du théâtre-rituel. Sa première direction artistique, Nymphal, croise la musique opératique de Rameau, les études de genre et une dramaturgie sonore déployée dans l’intégralité d’une église désacralisée. Sa collaboration avec l’artiste sonore Julien Clauss débute ici.

L’espace & la matière
(2009–2018)
Avec le soutien du chorégraphe Leonardo Montecchia, Emma importe et organise les Hors-Lits – parcours d’actes artistiques pour appartements – à Marseille. Aux côtés de Julien Clauss, elle réalise le design et la scénographie des installations monumentales Isotropie de l’Ellipse Tore et Salle de brouillage (Seconde Nature, Biennale Nemo, Les Eglises Chelles, Mois Multi Québec), et porte Modulation, bivouac radiophonique de 24 heures réunissant annuellement jusqu’à 300 personnes en montagne. Avec le soutien du CNC-Dicréam, ils conçoivent un pavillon géant transportable dans le paysage, dispositif de concert ou d’installation jouant avec l’écho des falaises (Sonic Protest, LabGamerz). Avec Cécile Beau, elle co-signe la série de sculptures alchimiques Réversion (Atonal Berlin, Biennale Internationale de Melle, Voyage à Nantes). Prolongeant son intérêt pour les formes collectives in-situ, elle met en oeuvre le marathon littéraire, culinaire et radiophonique On entend lire jusqu’au bout…

La voix & le son
(2014–2025)
Au sein du duo de musique électronique improvisée qu’elle forme désormais avec Julien Clauss, Emma pratique la poésie sonore climatique, le readymade textuel et le synthétiseur granulaire (Palais de Tokyo, Festival Météo, Abbaye de Maubuisson). En 2022, elle signe la mise en scène de l’opéra A Flauta Incantata, adaptation en langue corse de La Flûte Enchantée de Mozart. Créé à ciel ouvert dans le cloître d’un couvent désacralisé puis réadapté en théâtre, le spectacle est diffusé pendant un an sur France Télévisions. En 2024, elle est lauréate de la résidence Murmures de l’Abbaye de Fontevraud pour l’installation sonore Octoéchos librement inspirée des Vêpres de Monteverdi. Elle débute en parallèle la production d’un opéra de chambre immersif à partir de L’Enfant et les Sortilèges de Ravel & Colette, coproduit par l’Opéra de Clermont-Ferrand et le GRAME-CNCM.

L’in-situ & CYCLIQ
(2023-présent)
Installée en Isère, elle ancre CYCLIQ comme structure d’expérimentation au sein du territoire du Trièves, mêlant création contemporaine et exploration des liens entre art, patrimoine, participation citoyenne, droits culturels et ruralité. Elle crée la pièce de théâtre chorégraphique Clôture de l’Amour de Pascal Rambert avec une équipe triévoise réunissant amateurs et professionnels. Le spectacle, joué à guichet fermé dans les salles communales du Trièves et encore plébiscité, témoigne de sa capacité à inscrire des œuvres exigeantes au cœur de contextes non conventionnels, tout en favorisant la rencontre entre publics et pratiques artistiques. En 2025 et 2026, elle est lauréate du Laboratoire Chorégraphique de la Fondation Royaumont ainsi que du programme Cultivons l’art en milieu rural de la Fondation de France jusqu’en 2028 pour son projet Je regarde par la fenêtre et c’est loin, soutenu par le CNCM VOCE de Corse.

axes de recherche
axes de recherche
Axe 1 | Corps & Espace
- Le corps et la voix comme interfaces de perception/activation de l’espace.
- Explorer les synesthésies, l’hyperphantasie, les neurodivergences.
- Transposer l’écoute profonde des paysages sonores (P.Oliveros, R.Murray Schafer) en processus de recherche chorégraphique.
- Partenariat avec le chorégraphe chercheur et déficient visuel Nathan Arnaud (Cie Murmuration).
Axe 2 | Son & Lieu
- Le lieu et l’acoustique comme partenaires de jeu.
- Installations sonores, spatialisation, compositions in-situ.
- Recherches sur les ambiances, le paysage, l’art habitable et l’esthétique relationnelle, pour habiter et faire lieu ensemble, où que l’on soit.
- Partenariat avec l’artiste sonore et chercheur Julien Clauss.
- Partenariat avec le CRESSON, laboratoire CNRS sur les ambiances de l’ENSAG.
Axe 3 | Art & Émancipation
- Les processus de transformation, de mutation, d’émancipation comme sujets.
- Créer des formes artistiques singulières, exigeantes et sous-représentées.
- Faire se rencontrer amateurs et professionnels durant la recherche de création.
- Affirmer la ruralité comme ancrage propice à l’émergence de formes de haut niveau.
Axe 1 | Corps & Espace
- Le corps et la voix comme interfaces de perception/activation de l’espace.
- Explorer les synesthésies, l’hyperphantasie, les neurodivergences.
- Transposer l’écoute profonde des paysages sonores (P.Oliveros, R.Murray Schafer) en processus de recherche chorégraphique.
- Partenariat avec le chorégraphe chercheur et déficient visuel Nathan Arnaud (Cie Murmuration).
Axe 2 | Son & Lieu
- Le lieu et l’acoustique comme partenaires de jeu.
- Installations sonores, spatialisation, compositions in-situ.
- Recherches sur les ambiances, le paysage, l’art habitable et l’esthétique relationnelle, pour habiter et faire lieu ensemble, où que l’on soit.
- Partenariat avec l’artiste sonore et chercheur Julien Clauss.
- Partenariat avec le CRESSON, laboratoire CNRS sur les ambiances de l’ENSAG.
Axe 3 | Art & Émancipation
- Les processus de transformation, de mutation, d’émancipation comme sujets.
- Créer des formes artistiques singulières, exigeantes et sous-représentées.
- Faire se rencontrer amateurs et professionnels durant la recherche de création.
- Affirmer la ruralité comme ancrage propice à l’émergence de formes de haut niveau.
distinctions & soutiens
distinctions
& soutiens
distinctions & soutiens
2026–2028 – Lauréate « Cultivons l’art en milieu rural », Fondation de France
2026 – Lauréate Laboratoire Chorégraphique #5, Fondation Royaumont
2025 – Lauréate Laboratoire Chorégraphique #4, Fondation Royaumont – Dir. Alban Richard
2025 – DRAC AURA Musique – Aide au projet L’Enfant et les Sortilèges, opéra de chambre immersif
2024–2025 – Lauréate résidence Murmures pour l’installation sonore in-situ Octoéchos, Abbaye Royale de Fontevraud – Commissariat Emmanuel Morin.
2024 – Fonds SCAN (Région AURA/DRAC) – Aide au projet L’Enfant et les Sortilèges, opéra de chambre immersif
2026–2028 – Lauréate « Cultivons l’art en milieu rural », Fondation de France
2026 – Lauréate Laboratoire Chorégraphique #5, Fondation Royaumont
2025 – Lauréate Laboratoire Chorégraphique #4, Fondation Royaumont – Dir. Alban Richard
2025 – DRAC AURA Musique – Aide au projet L’Enfant et les Sortilèges, opéra de chambre immersif
2024–2025 – Lauréate résidence Murmures pour l’installation sonore in-situ Octoéchos, Abbaye Royale de Fontevraud – Commissariat Emmanuel Morin.
2024 – Fonds SCAN (Région AURA/DRAC) – Aide au projet L’Enfant et les Sortilèges, opéra de chambre immersif



